Repéré grâce au FBI, il séduisait de jeunes mineures sur internet


Un jeune homme au profil inhabituel a été jugé, hier à Angers, pour corruption de mineur, détention et diffusion d’images pornographiques.

Franck, 28 ans, a l’air d’être un garçon charmant. Il a une gueule d’ange, est ingénieur à Nantes et semble avoir une vie sociale « normale ». Pourtant, il a dérapé, gravement.

En 2012, le FBI enquête, aux États-Unis, sur des échanges d’images à caractère pédophile. Leurs investigations permettent de remonter jusqu’à l’adresse mail de Franck. Une enquête est alors ouverte par la gendarmerie, en France. Elle permet d’identifier le garçon de 28 ans, qui est interpellé à Angers et placé sous contrôle judiciaire le 13 septembre dernier.

Aujourd’hui ingénieur à Nantes, il était étudiant en Anjou au moment des faits. En garde à vue, il a reconnu la détention et la diffusion d’image pédo-pornographiques. Il a aussi reconnu qu’avec le temps, il n’était plus intéressé par ces seules images et a voulu de vrais « contacts ».

Il s’est alors inscrit sur des sites internet pour discuter avec des jeunes filles. Des très jeunes filles, de 12 à 17 ans. Lui-même a menti sur son âge. Il a d’abord séduit une Brésilienne de 14 ans, à qui il a demandé avec insistance des photos et vidéos d’elle, très intimes. Quand elle a cessé de vouloir échanger avec lui, il a tout balancé en ligne.

Chantage affectif

Mais ça ne s’est pas arrêté là. Les échanges virtuels ne suffisant plus, Franck a voulu rencontrer une jeune fille. En insistant, en faisant« du chantage affectif »comme l’a noté la procureur de la République Isabelle Juneau, il est arrivé à ses fins : un rapport sexuel« très glauque »dans sa voiture, avec une adolescente de 16 ans…

Les avocats des parties civiles, défendant les intérêts de deux jeunes victimes, ont noté la« lâcheté »du prévenu, un adulte« faisant du chantage aux sentiments derrière son écran ».

Pour la défense du prévenu, Me Céline Tavenard a insisté sur les regrets de son client et s’est interrogé sur le problème posé par la facilité d’accès à certains sites de discussion.

Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet et a condamné l’ingénieur de 28 ans à 12 mois de prison avec sursis.